jeudi, juin 08, 2017

Quatre pas vers la sagesse (petit résumé)

Il existe, d'après Anthony de Melo, quatre étapes primordiales pour arriver à un état dit de sagesse.
Les voici, résumées :
1. Avoir conscience de nos peines, nos faiblesses, nos douleurs : bref, tous les sentiments négatifs qui sont en nous. Arrêter de les camoufler, enlever les oeillères.
2. Comprendre que ces sentiments ne sont pas la réalité, qu'ils ne sont qu'une sensation intérieure et ne représente pas ce qui est vrai et objectif. Il n'est donc pas la peine d'essayer de changer la réalité.Ce serait de l'énergie perdue.
3. Ne pas s'identifier avec ce sentiment négatif. Il a beau être en nous, il n'est pas nous, nous ne somme pas lui. La déprime est en moi.Ce n'est pas moi qui suis la déprime.
4. Comment changer les choses et se chnanger soi-même ?

mardi, juin 06, 2017

Sobriété ?

Au lieu de courir à tant de faux semblants, à tant de faux bonheurs, apprenez à revenir à des goûts plus simples, à des moeurs plus rustiques ; affranchissez-vous d'un tas de besoins factices, venez vous retremper dans l'antique sobriété, avec des désirs assagis ; revenez à la glèbe, source d'abondance, à la terre, nourrice éternelle ! Sinon, un jour viendra où trop ardent à faire le Dieu l'homme disparaîtra, usé, détraqué par l'excès d'une civilisation à la fin devenue trop délétère à force d'être trop intensive, alors que les insectes qui l'ont précédé sur la planète, lui survivront et continueront de chanter après lui...

J.H. Fabre, Souvenirs entomologiques, 1879

De la servitude

La servitude a pris, à notre époque, une forme plus douce sans cesser d'exister. L'instinct grégaire des hommes n'est pas un instinct heureux. Les guerres, les révolutions, l'ignorance des masses, leur crédulité a fait de nos sociétés un enfer. Beaucoup, et des meilleurs, pour échapper à la contrainte des lois civiles, aux misères matérielles, et surtout aux misères sentimentales, se réfugient dans des ordres religieux où ils subissent du moins un esclavage volontaire.

J.-H. Rosny jeune, La société des insectes, 1931

dimanche, décembre 06, 2015

Homme de culture

Tant que les hommes ne sauront pas que rien dans l'humaine adhérence au monde, rien de ce qui s'accumule dans leur système nerveux n'est isolé, séparé du reste, que tout se tient, s'organise, s'informe en lui, en obéissant à des lois strictes dont la plupart restent encore à découvrir, ils accepteront la division en homme productif et en homme de culture. 

Henri Laborit, Eloge de la fuite

L'angoisse des huit mois ?

Lorsque vers le huitième ou le dixième mois, son action progressive sur le milieu lui fera prendre conscience de son existence distincte du milieu qui l'entoure, il va découvrir sa mère, source de toutes ses récompenses jusque-là. Mais quand il va aussi découvrir que cet objet gratifiant n'appartient pas qu'à lui seul, mais aussi au père, aux frères et aux soeurs, il comprendre d'un seul coup qu'il peut perdre en partie sa gratification et découvrira l'oedipe, la jalousie et l'amour malheureux.

Henri Laborit, Eloge de la fuite

L'enfant cultivé

L'enfant est inculte et c'est bien sa chance. Il est énergie potentielle et non cinétique, homogénéisée. Dès qu'il entre dans la vie, ses potentialités vont s'actualiser, se figer dans des comportements conformes, envahies par l'entropie conceptuelle, incapables de retourner à leur source, de remonter le cours du temps et de l'apprentissage. Alors que le sol vierge de l'enfance pourrait donner naissance à ces paysages diversifiés où faune et flore s'harmonisent spontanément dans un système écologique d'ajustements réciproques, l'adulte se préoccupe essentiellement de sa mise en "culture", en "monoculture", en sillons tout tracés, où jamais le blé ne se mélange à la rhubarbe, le colza à la betterave, mais où les tracteurs et les bétonneuses de l'idéologie dominante ou de son contraire vont figer à jamais l'espace intérieur.
Henri Laborit, Eloge de la fuite

samedi, septembre 27, 2014

Promenez-vous

Les gens légers, bornés,  les esprits présomptueux et enthousiastes veulent en toute chose une conclusion ; ils cherchent le but de la vie et la dimension de l'infini. Ils prennent dans leur pauvre petite main une poignée de sable et ils disent à l'océan : "Je vais compter les grains de tes rivages". Mais comme les grains leur coulent entre les doigts et que le calcul est long, ils trépignent et ils pleurent. Savez-vous ce qu'il faut faire sur la grève ? Il faut s'agenouiller ou se promener. Promenez-vous.

Gustave Flaubert, lettre à mademoiselle Leroyer de Chantepie (1857)

Intelligence...

Dans cette tribu, il y a une petite aveugle, un garçon boiteux, un autre maladroot et distrait... Alors,  ils restent au campement toute la journée, et comme ils n'ont rien à faire et que les jeux vidéos n'ont pas encore été inventés, ils sont bien obligés de réfléchir et de laisser vagabonder leurs pensées. Et ils passent leur temps à penser, à essayer de décrypter le monde, à imaginer des histoires et des inventions. C'est comme ça qu'est née la civilisation : parce que les gosses imparfaits n'avaient rien d'autre à faire.  Si la nature nestropiait personne, si le moule était à chaque fois sans faille, l'humanité serait restée une espèce de proto-hominidés, heureuse, sans aucune pensée de progrès, vivant très bien sans Prozac, sans capotes ni lecteur de DVD dolby digital.

Martin Page, Comment je suis devenu stupide (roman)

dimanche, juin 29, 2014

Changer de forme...

Tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme, tout mineral est plus ou moins plante, toute plante est plus ou moins animal. Il n'y a qu'un seul.individu, c'est le tout. Naître, vivre et passer, c'est changer de forme.

Denis Diderot

Le passé s'eclaire...

Ce qu'il y a d'intéressant dans le roman du monde, c'est qu'il faut du temps pour que l'énigme se résolve. La découverte du passé est réservée à l'avenir. Les hommes, par la pensée, font en sens inverse le chemin suivi par l'histoire. Plus le monde vieillit, plus il en apprend sur sa jeunesse. Les hommes, à leurs débuts, ne savaient rien sur l'origine des choses. Ils en savent de plus en plus grâce au temps qui se déroule. Le passé s'éclaire à mesure qu'il s'éloigne. Ce n'est qu'à l'extrême fin du monde qu'une partie au moins de ses debut obscurs pourront être révélés.

Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde

mardi, juin 24, 2014

La faim du tigre - extraits

(...) L'homme-outil-machine n'est sans doute pas, en soi, une faute ou une erreur, un crime contre le vivant. Son erreur et son crime, c'est d'utiliser ses mains, ses outils, son intelligence en dehors de sa fonction, pour le seul développement matériel mathématique de l'espèce, sans harmonie ni équilibre de celle-ci en elle-même ni avec les autres parties du monde vivant. C'est la caractéristique même de la prolifération cancéreuse. (...)

(...) Chaque morceau de l'humanité dispersée, chaque peuple et chaque nation, on peut même dire chaque homme, se mit à parler son propre langage et à ne plus rien entendre à celui du voisin. La langue première, celle qui signifiait la Vérité, fut oubliée. Le Verbe, qui était désignation, ne fut plus qu'excrétion.(...)

(...) Le rôle de toute religion est de faire comprendre à l'homme ce qu'est la création, quelle place il y occupe et quel rôle il y joue. Et jamais, jamais, jamais, de lui dire "Ne cherchez pas à comprendre".
Le rôle de toute religion est d'établir entre l'homme et le reste du monde des rapports exacts. Et jamais, jamais, jamais, de dresser entre le monde et l'homme des remparts de fumée et des murs d'illusions.
Le rôle du prêtre est de prendre le fidèle par la main et de le conduire, par le chemin du rite, vers la vérité.
L'initiation à tous les mystères, la clé qu'on donnait au néophyte, c'était l'explication qui lui permettait de comprendre. La sublime clarté dont parlent les mystiques, c'est celle de la compréhension. Tout leur est clair. Mais ne peuvent dponner la clef ceux qui l'ont perdue, ne peuvent montrer le chemin ceux qui ne savent plus que le chemin existe. Ne peuvent rien expliquer ceux qui ne savent plus rien. (...)

Le suicide des bobacs...

Barjavel, La Faim du Tigre

Extraits de Le Chant de la rivière, de Wendy Delorme

En réalité, je voudrais dire l'amour comme posture radicale en période de crise, globale, planétaire. L'amour comme bouclier, l'...